On ne peut aimer le canyoning sans aimer les lieux naturels que nous traversons. Comme les initiés d’un autre monde, on parcourt les lits des rivières, les canyons enchantés des montagnes, et on se sent chanceux de découvrir ce qui restera inconnu à la plupart de nos contemporains.

Pourtant, le canyoning n’est pas sans impact sur l’environnement minéral, végétal et animal des endroits que l’on visite. Il est important de connaître la fragilité de l’environnement que l’on traverse et de faire en sorte de ne laisser presque aucune trace de notre passage.

L’écosystème de la rivière est fragile et c’est à votre guide de vous inciter à avoir les bons gestes et vous permettre de faire du canyoning dans le plus grand respect de ce monde enchanté.

Les microorganismes invisibles

Les lits des rivières regorgent d’animaux inconnus et pourtant essentiels à l’équilibre de son écosystème.

Les invertébrés benthiques sont les habitants les plus anciens et les plus importants de cet environnement. La plupart du temps, ils sont invisibles à l’œil du marcheur ou du canyoneur.

Il faut être attentifs car de nombreuses espèces vivent dans les premiers centimètres du cours d’eau, ou même à la surface : mollusques, petites larves d’insectes, crustacés, vers…

Pas de rivière sans poisson

Vous vous doutez que les poissons ont eux aussi leur place dans cet écosystème ! Et la plupart des canyons sont parmi les “têtes de bassin versant”, plus communément appelé la “zone à truite”.

La truite la plus commune en France est la truite Faurio, elle utilise ses bassins pour se reproduire. De novembre à janvier, la truite repère ses environnements peu profonds, et se reproduit et pond ses œufs sur les graviers. L’éclosion des œufs a lieu alors entre janvier et avril. Les larves, puis les alevins descendent alors les cours d’eau.

Pourquoi vous raconter tout ça ? Parce que durant cette période de janvier à avril, pratiquer le canyoning dans les zones frayères est absolument proscrit au risque de nuire à la reproduction des truites Faurio.

Seul un guide habilité pourra vous faire éviter cet écueil et parcourir des canyons sans risque pour la faune durant cette période.

Protéger et observer la faune ripicole

Je peux aisément imaginer votre regard circonspect, la faune ripicole ? Mais qu’est-ce que c’est ?

La faune ripicole regroupe tous les animaux qui vivent sur les rives des eaux courantes (ruisseaux, rivières, torrents, etc.). On y trouve des oiseaux comme le cincle plongeur ou certains rapaces nichant sur les falaises, mais aussi des reptiles, des petits mammifères donc la chauve-souris et de nombreux batraciens.

Les bons gestes à adopter pour protéger cet écosystème

Vous l’aurez compris, les canyons et rivières regorgent d’une nature exemplaire fragile, qu’il faut essayer de préserver.

Votre guide sera le mieux placé pour vous transmettre les gestes et l’attitude à adopter pour protéger cet écosystème précieux.

Avant tout, il faut éviter de piétiner les zones de sédimentations, les zones lisses et certaines surfaces des berges. C’est au guide de vous désigner les zones les moins susceptibles d’être endommagées par votre passage.

Il est également recommandé de ne pas rester trop longtemps dans l’eau pour éviter de déranger la faune aquatique.

Pas de cris, pas de rires tonitruants, il convient de rester le plus discret possible dans cet environnement paisible.

Par ailleurs, il convient au guide de choisir les sites en fonction de la fraie des poissons, pour éviter de perturber leur reproduction, et de diversifier un maximum les sites pour minimiser le passage de nombreux groupes sur le même site.